Adieux
parents!
Bonjour père et mère,
C'est ma 2ième visite au pied de votre
pierre tombale. J'ignore les raisons véritables de mes sœurs auprès de vous,
pourquoi elles tiennent tant à ce qu'on se réunisse ici. J'ai comme
l'intuition que nous cherchons un lien d'attache entre-nous, un lien d'amour
avec vous.
Je ne sais plus en fait si j'y tiens tant
que ça, moi. Tout dépendra de la suite des événements de mon cheminement et
de ma guérison. Ce que je cherche, c'est de pouvoir exister comme je suis au
fond moi qui commence à sortir du tombeau... Pour cela, il n'est pas nécessaire
d'être ici. Si j'y suis, c'est qu'on m'a invité et je suis venue pour
l'unique raison que j'ai des choses importantes à vous dire.
J'aurais aimé vous écrire un poème.
Écrire ces simples mots:
« Je vous aime.
»
Mais incapable, j'ai trop de peine,
de le prononcer sans connotation de haine.
Ma vie est une grande frustration,
loin d'une prière de bonnes intentions.
Fini le leurre de belles apparences.
Donc pas de jolies phrases et ça m'arrange.
Vous en connaissez un bout sur l'apparence du croyant catholique... les peurs des cancans, des Que vont-il penser de nous? » Vous m'avez élevée dans
des fausses images familiales et sociales.
Il ne me fallait pas aller bien loin pour
être troublée par des regards accusateurs et des gestes destructeurs. J'ai vécu
vos comportements abusifs. Vous avez peut-être trompé le voisinage mais
pas moi. Je me suis sentie une moins que rien, moins qu'un vers de terre,
humiliée, trahie, une pourrie...
Toi, mère, tu m'as bien trompée par tes
chantages affectifs et abusifs. La moindre occasion de défoulement tu le
faisais par tes gestes brusques en mon égard qui restaient tout de même moins
cruels que ton indifférence. Encore aujourd'hui cela me fait terriblement mal.
La non-existence !
Toi, père, tu m'as carrément démolie
dans tes comportements incestueux. Ta violence, tes coups qui se doublaient de
forces si j'osais te fuir ou me refuser à toi et cela a durée 15 ans de ma
vie. C'est tout mon monde d'enfant que vous avez fait mourir, c'est l'équilibre
de mon adolescence que vous avez brisé.
Souvent, je me suis posée cette
question: « Comment de tels parents peuvent-ils en arriver là,
aussi-bas? »
Vous m'avez entraînée dans le désordre physique, émotionnel
et psychologique.
C'est une offense à l'être de Dieu.
Je me suis sentie traquée comme une bête
dans vos harcèlements ignobles, trahie par vos réactions émotives. Je me
suis sentie non désirée par toi maman et rejetée par ta froideur indifférence.
Je me suis sentie comme un sac à ordure par toi papa. Un sac que l'on
abandonne dans un coin après l'avoir utilisé, froissé et écrasé.
Je me suis sentie repoussante parce que
vous avez craché sur mes affections en me traitant comme une merde.
Des crises d'adolescence j'en ai fait en
me sauvant en vélo pour quelques heures. J'ai réclamé ma part du gâteau
pour avoir un peu de douceur. Je suis devenue pour vous une fille difficile,
coupable de vos misères... Par chance que l'aînée est venue nous séparer car
je t'aurais tué père dans un geste de désespoir. Ce fût la dernière fois
que tu m'as touché et battu. C'est en ce moment que je me suis promise que
plus personne ne lèvera la main sur moi. Je me suis enfermée.
Vous disiez que vous m'avez assez endurée,
vous aviez assez supporté mes rages presque historiques. Avant même ma
naissance non-désirée, tu m'as porté ainsi maman au fond de ta panse
maternelle, dont tu as oublié les circonstances de ton accouchement. Sous prétexte
que c'était difficile avec mon père en ce moment-là. Qu'est-ce qui était
difficile mère?
Tu croyais casser mon sale caractère.
Sache pour ta gouverne que personne ne pouvait le faire, parce que je
suis née révoltée. J'ai vécu vos colères, vos frustrations, vos crises de
jalousie, vos lamentations et vos crises de nerf.
Vos saviez très bien les causes qui
m'ont influencée puisque vous m'avez conçue dans ce désordre. Vous m'avez
tricoté serré à même vos émotions.
C'est dans cette terre que je me suis développée
en ton sein maternel et grandi dans la maison paternelle. Un enfant soit disant
du devoir conjugal mais sans amour. Une fille par-dessus le marcher, c'est
moche d'être née dans un mauvais moment, dans un mauvais corps, dans un
mauvais lieu.
Je suis née dans une vie handicapante.
Un enfant que vous avez rejeté, laissé
de côté, qu'on taloche, qu'on abuse, qu'on se sert pour assouvir sans cesse
vos propres besoins. J'ai payé cher de ma personne pour un peu d'attention à
coup de violence.
Je me suis sentie un petit chien-chien à
sa maîtresse qu'on dresse à coups de bâtonnet à coups de pied.
Je me suis sentie un jouet manipulable
qui ne pleure pas, une « catin »
entre les mains du pourvoyeur.
J'ai porté le poids de vos erreurs en me
sentant coupable et honteuse d'exister. J'ai mis bien du temps à comprendre en
refaisant mon histoire de vie, à savoir d'où vient cette blessure béante et
profonde. Maintenant que vous n'êtes plus là, je me rends bien compte que
rien n'est si mauvais en moi, pas autant que vous aviez prétendu..
La souffrance est-elle que mon choix fût
de me refermer pour ne plus souffrir l'inacceptable.
je ne croyais pas en l'amour, je me méfiais
de l'affection en refusant les douceurs de la vie, fuir toute tendresse qui
rend la vie agréable. Rien dans mes souvenirs me font rapprocher de vous, tout
était déjà mort avant votre grand départ.
Mon grand trou vide et noir est ce foyer
où je me suis sentie étouffée et enterrée. C'est l'héritage que vous
m'avez laissé.
Je suis venue pour vous faire mes adieux pour que plus jamais vous ne
fassiez de l'ombre dans mon autre moitié de vie. Que je puisse retrouver la clé
de ma porte blanche, la porte de mon existence. Je demande à Dieu de l'Univers
de venir à mon aide pour goûter la joie de vivre, don qu'Il a donné à
chacun de nous pour le partager. La clé du bonheur d'être et s'ouvrir à
l'existence avec confiance, accueil, ouverture sur l'amour.

Adieu
maman! Toi qui n'as jamais voulu m'entendre, ni voulu prendre le temps de me
connaître. Tu ne voulais rien savoir de ce qui m'arrivait. Avoue-le donc
maman, que dans le fond de toi-même, tu le savais mais de
l'écouter c'était trop te demander ?
Maintenant il n'y a plus rien qui
t'empêche de l'entendre alors écoute bien ceci.
Comment as-tu pu laisser tes filles entre
les mains d'un père qui se disait aimant et honorable? Tu n'as jamais
su nous protéger. C'est même le contraire tu nous as obligé à faire
attention à toi, à jouer à la petite mère pour prendre soin de toi en te
regardant le nombril.
Malgré cela, tu me faisais porter le
chapeau de la honte et de la culpabilité en jouant l'incomprise, la mère
esseulée et implorée. Pauvre cendrillon!
Je ne sais pas ce que tu espérais de moi
en m'abandonnant comme tu l'as fait. Je me suis sentie rejetée du revers de
la main, j'étais de trop. Je me suis sentie repoussante, une dégueulasse
sans cœur pour avoir osé te faire pleurer et choquer. Tu ne savais
plus quoi faire de moi, j'étais devenue encombrante, dérangeante et
embarrassante. Selon toi, la seule chose que je cherchais c'était la
chicane et une bonne fessée.
Adieu papa! Il y a longtemps qu'on
s'est parlé. Tu étais à peine plus vieux que moi quand tu nous as
quittés pour l'éternité. Sache que ta présence ne m'a pas manqué. Au
contraire ce fût un soulagement. Je n'avais pas à te surveiller pour
protéger ma petite fille de trois ans. Je suis devenue une vraie louve
protectrice. Ma revanche contre toi. Tu n'avais aucun pouvoir et aucun droit
sur elle car je te talonnais de proche. Où était ma fille, moi aussi j'y
étais... à mon tour de te traquer.
Il n'y a jamais eu de communication
entre-nous que des ordres et du chantage. Tu n'es pas parvenu à casser mon
sale caractère, mon tempérament de chienne. Tu n'as pas réussi à
m'empêcher d'aboyer, venir à la défense de mes jeunes sœurs. À coup de
pied dans cul, tu imposais le silence par crainte d'être dénoncé.
Tu te faisais gardien de la peur pour me
paralyser afin de m'empêcher de dire tes sallopperies.
Tes yeux hypocrites m'ont
effectivement effrayée. J'ai pendant longtemps été incapable de prononcer
un mot sans bégayer, de parler en parabole en espérant que quelqu'un
comprenne ma difficulté de dire le mot direct, « VIOL. Mon père me viole! »
Ça m'a pris 7ans de thérapie pour
lâcher le morceau pris à travers la gorge. Le mot viol que
j'étais incapable de prononcer, ça ne voulait pas sortir. Je me suis
sentie sale, répugnante. Tu m'as traitée de sale chienne et c'est resté
indélébile en moi. Tu peux me traiter de menteuse ou d'air bête comme mes
sœurs, ça ne change en rien aux faits de tes comportements malsains qui
m'ont mise en pièces toutes éparpillées.
J'ai été victime de tes bassesses. Tu
possédais la force de dix hommes et cela ne t'a pas gêné de l'utiliser
contre les petites filles qui ne faisaient pas le poids. Ça te faisait
jouir d'effrayer tes filles par la menace de ta violence. Ce que
tu ne supportais pas, que je sois devenue la tête forte qu'il
fallait à tout prix briser. De quoi craignais-tu père? De qui avais-tu
peur?
Et dire que j’aie demandé pardon de
vous avoir offensé, et convaincue, je me suis excusée d'avoir été
une mauvaise fille. C'est aberrant!
Plus je tenais tête, plus les
insultes et les cris se faisaient entendre mais plus je prenais cette
énergie pour rester là sans broncher, plus tu voyais noir, plus ta rage
montait et plus tu tabassais. Le pire papa, c' était les
encouragements que maman te donnait. Là j'ai senti que tes coups faisaient
mal intérieurement jusqu'à ce que je me ramasse recroquevillée sous la
table de la cuisine. Tout a pris fin en ce moment précis. La mort dans
l'âme.
Ce n'est pas tant que je me suis trouvée
défaite, ensanglantée, qui fait que je me souvienne de cette situation
pénible. C'est d'avoir tenu sans larme et sans cri sous tes coups de
frappe. De cela j'en retire une fierté de m'être tenue debout. Ce
qui a placé la pierre sur mon tombeau c'est l'incitation
de ta femme à me donner une bonne correction en disant que je le méritais
amplement... Depuis ma solitude est devenue mon abri de tristesse profonde.
Est-ce que je dois être reconnaissante
du fait que je suis devenue plus forte, plus tenace et plus sélective.
Non! C'est vous qui n'avez pas su me reconnaître dans mon
potentiel, Vous avez tout fait pour l'enlever de moi et vous n'avez pas
réussit.
Ce que vous m'avez appris sont des
écœurements, la méfiance, l'intolérance...
Je ne tolère plus personne à venir me
souffler dans face, ni même m'approcher. Je suis constamment sur la
défensive demeurant agressive et sensible à toute approche. J'ai
encore ce comportement qui porte la honte et la culpabilité.
Je subis encore de la part de mes sœurs
la jalousie, l'hypocrisie la rogne destructrice. La haine a pris la place de
l'amour fraternel. Voilà ce que nous vivons de vos valeurs parentales.
La menace fait partie de notre
patrimoine, de notre éducation qui persiste d'âge en âge. Ce n'est pas
étonnant que les abus émotifs, le chantage, la menace, l'indifférence,
les colères, la haine, les frustrations, l'égoïsme, le mensonge,
l'hypocrisie et la violence verbale existent encore aujourd'hui dans la
famille parmi mes sœurs. Je les comprends et je ne leur en veux pas. Mon
souhait le plus cher, en venant ici devant elles, est de les voir heureuse
et en paix.
Que chacune reprenne le flambeau de la
lumière qui éclaire leur route de vie afin qu'elles puissent se
libérer en harmonie dans leur humanité.
Chers parents, regardez-nous! De quoi
devrions-nous être fiers entre nous en se déchirant le cœur et
pleurer notre manque d'amour ? Où est votre cœur d'attache?
Je sais aujourd'hui que je préférais
être ailleurs que dans la maison familiale. Je recevais plus d'attention
avec mes amies et d'y retourner pour trouver de l'affection, une paix
aimante. Autrement comment aurais-je pu survivre sans amour? Comment
aurai-je pu reconnaître le merveilleux dans la vie dans un tel bordel ? Une
famille où il fallait me taire et me laisser faire. NON, MERCI!
Ici les gens sont toujours trop occupés
pour se communiquer. Ils craignent encore d'établir la vérité.
Personne se sent capable d'accueillir l'autre. Elles me voient comme un
oiseau de malheur. Nous avons des droits! Droit à la vérité, droit à la
différence, droit au respect, droit d'aimer et être aimer pour ce que nous
sommes. Mais on choisit de faire comme toi maman... la sainte innocente.
Quelle farce, quelle singerie!
On fait comme toi papa... un sourire
mielleux, une belle façon pour piéger tout en espérant d'avoir ce que
l'on convoitise.
Voilà ce qui me fait tant de mal
avec mes sœurs, la souffrance du passé qui se lit encore sur leur visage
et qui me suit. Il y a tant de bruit dans mon for intérieur que j'ai
l'impression d'être encore dans la maison familiale.
Pour pouvoir mettre fin à ces tourments,
j'ai cru que le suicide était le seul moyen pour me défaire de se souvenir
qui hante mes nuits. Je ne pouvais passer à l'acte car à chaque fois le
nom de ma fille me venait à l'esprit. Je ne pouvais l'abandonner comme vous
l'avez fait pour moi. Je ne pouvais trahir sa confiance...
Toi, l'homme de la maison, le mal-aimé,
le père incompris, selon tes dires. Tu es mort sans pouvoir demander le
pardon à tes enfants. tu es resté seul dans ton péché.
Toi, la femme de la maison qui a vieilli
en pleurant dans ton coin en espérant qu'on te console. Tu es morte dans la
peine et sécheresse du cœur.

Même si vos filles au nombre de six se
dévouaient pour vous entourer de leur cœur généreux vous n'avez pas su
créer une vie heureuse. Nous avons obéis à vos caprices et pris en charge
vos décisions, vos projets. Vous avez créé votre propre malheur et le
nôtre. C'est vous qui ne méritiez pas le cœur tendre d'un enfant.
J'aurais
aimé que vous me regardiez en appréciant ma présence, du moins d'avoir un
peu de sympathie. C'est ce que j'ai espéré le plus jusqu'à la fin de
votre vie.
J'aurais aimé non seulement que vous reconnaissiez mes travers
mais aussi de manière égale mes qualités. Au lieu de cela vous m'avez
dépossédée, appauvris ma vie.
Cela m'aurait aidé à croire en moi, d'oser d'aller plus loin
pour trouver ce qui m'est personnelle et de croire en l'avenir.
Dans ce sens, je n'ai jamais été appuyée. C'est un besoin
fondamental pour chaque être mais au lieu de ça vous avez agit dans
l'injustice et malhonnêteté. Vous n'avez jamais fait acte de
compréhension et de franchise entre les êtres qui comptaient sur vous.
J'ai été persécutée et trahie, enfermée à triple tour dans
un isoloir intérieur, tremblante de peur dû à vos traitements de torture
physique et psychique. En plus d'avoir été humiliée, ridiculisée à
l'école, vous avez agit en traite en disant que je suis un faible d'esprit.
Ce qui m'a fallu des tests psychologiques scolaire. Par chance qu'ils
ne se sont pas fier à votre parole. Vous aimiez rabaisser et
nous monter les uns contre les autres. Vous avez créé votre propre
réseau de complices. Ainsi on ne pouvait dire nos secrets entre-nous.
Vous avez cru qu'en vieillissant, j'étais pour m'assagir et tout
oublier. Erreur! Il faut toujours se méfier de l'eau qui dort. Encore une
fois vous avez sous-estimé les capacités de l'enfant.
Maman, tu as laissé passer la chance de prendre en main la
situation et remettre de l'ordre dans nos vies mais tu as choisi le
chantage émotif et affectif, c'était plus facile. Tu aurais préféré que j'oublie tout, malheureusement
pour toi, je suis née avec une mémoire sensorielle. Alors qui est plus
folle que l'autre?
Tu m'as transmis ta peur d'être enfermée et oubliée. Tu as pris
plaisir de diminuer mon frère, lui non plus ne pouvait s'en sortir.
Maman qu'as-tu fait de tes enfants?
Je comprends mieux le goût de mort, ce goût au suicide que J'ai
combattu et qui me reviennent de temps à autre. Au fond de moi je veux
vivre mais je ne sais comment et tu viens me hanter et je me dis que tu as
peut-être raison. « Je ne suis rien. »
La vie en moi se défend et
me dit: « NON! » Me revoilà en marche vers d'autres horizons.
Tu ne pouvais avoir de l'emprise sur la vie et te débarrasser de
moi. Comme ton fils qui s'est détruit à l'héroïne attrapant ainsi le
sida.
Sa mort fut plus digne que la vôtre car il a regretté d'avoir
commis des actes d'incestes envers moi. Il a demandé pardon et je lui aie
accordé avec l'aide de Dieu la miséricorde.
Personne ne pouvait m'empêcher de me sauver en piaulant comme un
oiseau déplumé. C'est facile et lâche de me traiter comme moins qu'un
vers de terre en lançant des injures. Vous aviez de l'emprise quand je
n'étais qu'une petite fille sans aucun pouvoir, je n'avais qu'à me
soumettre. Être effrayée par vos regards accusateurs et subir les abus de
toutes sortes mêmes avec les amis de mon père et de mon frère. Quelle
bassesse vous m'avez fait vivre ! J'en ressens encore l'écrasement de ce
poids de honte. Qu'en fait cela vous appartient !
Ma confiance a été grugée, ce n'était pas en m'offrant des
cadeaux empoisonnés afin d'acheter le silence. Le vrai cadeau est que
vous me redonniez ce que vous m'avez volé « MON ENFANCE ET L'AMOUR »
J'ai développé de la méfiance devant toute promesse et cadeau.
Aussi loin que je me souvienne ce que j'ai développé c'est la
timidité, les gaucheries, les tremblements devant l'inconnu, la peur
et le goût de disparaître de la map. C'est presque ça que je suis
devenue une ombre qui passe. Un désespoir, la peur d'être, la peur de
vivre, le découragement et la désespérance.
Mon espérance diminuait au fur et à mesure des années. Parce
que j'attendais un signe de votre amour. J'attendais un petit geste de votre
affection. J'attendais un mot sincère de votre cœur, qu'il me dise: « Je t'aime Hélène! » Ainsi dans mon besoin d'enfant la confiance aurait
augmenté et le révolte diminuée.
Ma détresse a continué à grandir et le fossé plus profond.
Reste à savoir si je l'aurais cru. Peut-être que oui, car je
l'attendais tellement. Peut-être que non, j'ai été piégée
tellement souvent... je ne saurai jamais. Il y a une chose que je sais, que
vous étiez capable d'hypocrisie. Tout n'a été que mensonge et vanité. Le
malaise était grand devant les signes de tendresse envers vous. Jamais il a
eu une manifestation de véritable amour inconditionnel.
Vous étiez des parents qui faisaient pitié avec une fille
imbécile et nulle. Cela maman tu le disais à chacune dans le dos de
l'autre. Vive l'amour maternel.
Pour
le bien de tous il n'aurait pas fallu que vous soyez ensemble.
Le choix que vous avez fait pour faire une vie commune, je ne suis pour
rien. Cette vie de famille m'a brisée et volé l'enfance qu'on dit que des
merveilles. Cette enfance que je me suis donnée avec mes propres enfants.
J'ai goûté le monde des adultes irresponsables et égoïste.
Une chance que dans ma tête d'enfant, je me permettais de créer
un monde imaginaire sur mon île secrète où personne n'avait accès sauf
un grand frère qui a disparu trop tôt. On pouvait me trouver bizarre,
qu"il me manque un tarreau dans la tête, de ne pas vivre sur terre.
c'était la seule chose qui me soutenait dans ce monde pervers, c'est la
seule chose qui m'appartenait et que personne ne pouvait m'enlever.
Aujourd'hui je viens vous dire ce que je comprends de vous et de
vos comportements dysfonctionnels. Je m'assume un jour à la fois et je
comprends ma douleur et vos manques. Je ne peux vous en vouloir d'avoir
choisi la facilité, de répondre à vos instincts, à vos manques à
combler en le faisant combler par vos enfants.
Vous nous avez manipulés pour adoucir votre vie. Vous avez
peut-être aimé, mais mal aimé. C'est un amour en l'envers.
Vous avez imposé le respect pour l'image sociale par manque de
confiance en vous-mêmes.
Oui j'ai honoré mon père et ma mère parce que j'avais en moi
l'amour inconditionnel. C'est ce qui est caractériel chez le petit être et
vous en aviez besoin.
Une bonne fille bien élevée je le suis parce que je suis cela, et
vous êtes en rien dans ce phénomène naturel. Toute vérité est bonne à
dire mais il faut être mature pour l'entendre et l'accueillir avec
attention et amour. Comment auriez-vous pu le faire?
Voilà je suis venue apporter la vérité car il ne m'est plus
possible de la cacher plus longtemps. Elle se fait insistante à un tel
point que s'en est douloureux. Je veux laisser vivre ce qui veut se vivre
pour que moi-même je devienne la vie en abondance. Une ressuscitée du
passé qui veut mordre dans l'aujourd'hui.
Je me sens fragile comme du cristal et à la fois très solide
dans mon for intérieur. Même s'il y a des moments où je me vis croche, je
ne peux qu'aller droit devant là où l'amour inconditionnel m'attend.
Comme un enfant nouveau-né je fonce tête première dans la vie !
Je suis Moïse sauvé des eaux. Adieu! parents, aller vous aussi dans
la Lumière paisible.
Chers parents, tout chacun ici présent cherche quelque chose de
vous, cherche ce qu'il leur appartient. Je vous dis mes sœurs: « Jamais
vous n'aurez ce que vous cherchez aussi longtemps que vous chercherez à
l'extérieur de vous. » Je désire établir de vrais attachements solides
en lien mon corps avec/par le cœur et avec/par l'âme et
avec/par mon esprit. Le seul fil d'or qui me lie avec la Création
Divine.
Si je suis venue aujourd'hui, c'est pour venir chercher le vrai
cadeau reçu gratuitement de Dieu, MA LIBERTÉ. C'est le plus beau des
héritages, l'amour vrai, sincère et désintéressé.
Regardez-nous maintenant parents défortunés, vous ne pouvez plus
nous fuir. Regardez vos grands enfants adultes, vos miroirs en chacun de
nous. Croyez-vous être capable de restaurer ces vies en souffrance, de
guérir nos blessures profondes qui se répètent dans les relations
fraternelles? Un pur combat de possession. Même votre mort donne la
discorde. Tout est à votre image même l'amour n'est pas sur le testament.
Sachez chers parents et sœurs que vous n'aurez pas d'emprise sur
moi en aucune façon. Je suis venue reprendre ma liberté. Ainsi me libérer
de ce passé et de tous ceux qui y habitent, Vivre dans une ère nouvelle,
un air oxygéné. Enfin je vais respirer librement le bon parfum d'amour,
dans la tendresse et douceur de ma vie. De goûter la joie d'y vivre sans
sentir la pourriture du passé.
J'enterre tout, en brûlant avec votre aide mes sœurs, ces
pages de mon histoire de vie. Je me défais de toute obligation envers
vous parents en vous offrant à Dieu-Éternel. Je remets dans ce trou qui a
été mon tombeau une partie de vos peines et misères, vos comportements
abusifs et attitudes violentes, le mépris et vos mots blessants, vos
tortures physique et mentales et vos manipulations sans scrupules. Je ne
veux plus vivre votre démesure. Je viens donc me départir de tout ce qui
m'a fait mal et brisé. je vous redonne ces masques mensongers.
Je vous remets entre les mains miséricordieuses de Dieu...
Moi je ne veux plus vivre dans ce passé infantilisant. Je ne veux
qu'être témoin d'un amour possible, je ne peux plus être porteuse de
votre misère, je ne peux qu'écouter votre cœur chères sœurs au même
sang, au même souvenir, au même cœur, au même esprit.
Aujourd'hui je fais un choix libre et vivant et je le ferai demain
et après demain car il est sincère, vrai, honnête et paisible.
Je prie Dieu de m'accorder sa grâce afin que je puisse pardonner
totalement à même son Amour. Il est temps de se dire pardon entre-nous de
se parler de cœur à cœur. Pourquoi se tenir dans la mort allons au pays
des vivants et fêtons la Vie, la joie d'y être des vivantes.
Je reprends le chemin de la liberté, d'être ce que je suis au
fond de moi et me découvrir sur des nouveaux jours. Exister comme un
papillon de Lumière. Il est temps pour moi de rassembler mon être entier
et de vivre dans cette source lumineuse... Je marcherai désormais la tête
haute en regardant l'autre dans les yeux en pensant à vous parents.
Votre loi de mort n'existe plus...
Vive la loi de l'amour!

ADIEU PARENTS!
VIVE LA VIE!