Aller chercher
de l'aide
J'ai
finalement dit à ma conjointe que je ne savais plus quoi faire et que
j'allais voir un psychologue car je n'en pouvais plus...
J'ai consulté et je lui
ai raconté Noël et le Jour de l'An ainsi que pour mon épouse et le
coup de téléphone de son frère. Il m'a dit que d'habitude, il
rencontrait le conjoint et après la conjointe et en troisième lieu,
les deux ensembles. Ce que nous avons fait...
Après ces rencontres,
nous nous sommes présentés pour la troisième rencontre... Il nous a
dit que vu qu'il y avait des enfants d'impliqués, il nous donnait 10
jours pour que l'on contacte les membres de la famille et faire
quelque chose... Sans cela, il n'avait pas le choix de contacter
la DPJ (Direction de la Protection de la Jeunesse) pour faire
arrêter l'agresseur.
Après une rencontre avec
son frère aîné... son épouse nous a dit de vérifier avec nos
filles car leurs filles leurs avaient dit que cela serait possible
qu'elles auraient été abusé elles aussi... Sachant que mon
épouse leur avait déjà demandé et que la réponse avait été
négative... j'ai décidé de leur demander moi-même.
Je me suis assis avec ma
fille aînée... Elle voulait savoir ce que l'on avait été
faire chez son oncle la journée d'avant... Je lui ai
dit... Après une discussion, elle m'a dit que «
OUI », elle avait elle aussi été attouchée... Voilà de
quoi a eu l'air le « VRAI BUG de l'An 2000»
Difficile
d'apprendre que sa conjointe a été abusé par son père, mais
d'apprendre que nos deux filles l'ont été... elles aussi par leur
grand-père... C'est TRÈS DIFFICILE de ne pas vouloir se venger
de celui qui a profité de moi et de tous les membres de ma famille.
Quand
je vois des pères se venger à cause que leur enfant a été abusé
par un
«
PÉDOPHILE », je les
comprends... J'ai eu beaucoup de misère à me retenir...
Je me suis mis à faire des cauchemars... des
choses que j'ai vues... situations que je trouvais drôles,
bizarres... et je me posais des questions quand je voyais mes
filles dans certaines situations sans rien voir de mal... et je me
demandais pourquoi elles avaient l'air mal à l'aise... Quand j'ai
réalisé qu'à certaines occasions mon épouse avait vécu des essais
de récidive de la part de son père... et que je l'ai entendu... lui
dire:«
NON! Lâches-moi! » etc.
Au moment que j'ai entendu cela... je pensais qu'elle jouait avec son
père... Aujourd'hui, je sais à quel jeu lui voulait
jouer... Pas besoin de dire comment je comprends un père de
victime ou un conjoint qui se venge envers l'agresseur...
J'ai failli me venger à quelques reprises, mais
je me suis accroché à mes 2 filles. Car elles ont une vie
à vivre et sans père pour subvenir à leurs besoins... elles
auraient plus de misères... pour ce qu'elles ont vécu... Et si
je me vengeais...
«JE
serais mis en prison sur le champs et sans thérapie... Contrairement
à l'agresseur qui a été pris en charge avec thérapie sans rien à
faire et payer... »
Centre
venant en aide aux victimes d'inceste
Après
que nos 2 filles nous ont confié ce qu'elles ont vécu, nous
avons demandé à rencontrer les frères et soeurs de ma
conjointe. Après deux heures trente de route enneigée, nous
avons rencontré tout le monde avec leurs conjoints. Nous avons
appris que l'autre frère de ma conjointe a lui aussi une fille de 5
ans qui a vécu, elle aussi, l'inceste de son grand-père. Le
lendemain, nous avons contacté un organisme pour personne victime
d'inceste. Il nous a suggéré de porter plainte à la police...
Ce que j'ai fait en retournant chez nous.
Dénonciation de l'agresseur
Malgré la pression
vécue
Au moment où j'ai signé la
déposition pour mes filles, j'ai eu un sentiment énorme soulagement
de sur mes épaules car je ne savais pas comment les autres membres de
la famille réagiraient. Car le jour où j'ai porté plainte à
la police, ma belle-soeur a commencé à me parler de «
PARDON », le matin même, le 14 février 2000. La veille, nous avions
couché chez elle et son conjoint. J'ai porté plainte pour mes
filles, et ce faisant, je savais que les autres n'auraient pas d'autre
choix eux aussi...
L'enquête
policière et arrestation de l'agresseur
Après que les policiers ont fait enquête et que tous les enfants
concernés ont fait leur déposition par vidéo, ils ont procédé à
l'arrestation de l'agresseur incestueux. Ils lui ont fait suivre
une thérapie qui a durée environ 10 mois. Il n'a pas eu
besoin de faire quoi que ce soit tout était gratuit.
Nous
avons conduit nos deux filles en thérapie pendant 10 semaines au
centre pour victimes d'agression sexuelle à 2h30 de chez nous, car
ont croyait que ce serait plus facile si elles étaient avec leurs
cousines. L'agresseur lui a été accusé le mois suivant car
c'était le même centre qui s'occupait de la thérapie des victimes
et des agresseurs. Pendant ces 10 semaines, les intervenantes
nous ont dit à moi et à ma conjointe que cela serait bon que nous
aussi puissions suivre une thérapie... Moi en tant que conjoint, je
me disais que j'en avais pas besoin... mais pour aider ma conjointe,
j'y suis allé pour la supporter dans cette épreuve.
La
thérapie
À
ce moment-là, en thérapie avec les enfants tous les membres de la
famille n'ont pas été avec leurs enfants... Pour les premières
rencontres, oui... mais après... ce sont les conjointes qui ont été
sauf ma conjointe en tant que membres de la famille et victime.
Les autres ont un peu fait comme si rien ne s'était produit sauf
qu'ils ne devraient pas laisser leur enfant seul avec
l'agresseur. Nous avons tout fait pour protéger l'identité des
victimes car nos nièces ont le même nom de famille que l'agresseur
et vivent dans la même région.
Après
la thérapie avec nos filles, mon épouse a contacté «
IVAC » (Indemnisation
pour les Victimes d'Actes Criminels).
Après presque une interrogation pour voir si elle était vraiment une
victime... il lui ont donné 3 noms de psychologue à
consulter. En les contactant, elle a eu comme
réponse que certains ne prenaient plus de nouvelles patientes...
certains ne faisaient pas ce genre de thérapie... Elle a dû
trouver quelqu'un par elle-même... Elle a trouvé une
psychologue qui l'a pris... Après quelques rencontres, j'ai pris
contact avec cette même psychologue en tant que conjoint de victime,
mais elle ne faisait pas de thérapie en parallèle. C'était en
tant que soutient moral pour la conjoint qu'à un intervalle de 1
rencontre par mois en tant que «
thérapie
passive ». Durant ces
rencontres, j'ai réalisé ce que pouvait être les séquelles qu'ont
les victimes... Car aussi banal que cela puisse paraître, des choses
du quotidien qui dérangent dans un couple. C'est une très
bonne psychologue , mais après 1an 1/2 de consultation, moi et ma
conjointe avions le sentiment de s'éloigner l'un de l'autre. Car
depuis le début, je n'avais qu'un seul but: d'aider ma conjointe à
s'en sortir... car elle n'avait rien fait pour vivre ce qu'elle a
vécu dans sa vie et n'a pas demandé à naître dans cette
famille.
Lecture
du «
Le
secret de Blanche»
&
Psychothérapie
avec Mme Blanche Landry
Comme
nous nous sentions éloignés l'un de l'autre, nous avons commencé à
chercher un autre thérapeute... Et mon épouse a rencontré une
personne qui avait vécu l'inceste. Cette personne lui a prêté
le livre «
Le secret de Blanche ». Après avoir lu ce livre, ma conjointe
a pris contact avec Mme Blanche Landry. Et depuis nous allons en
thérapie avec elle. Je peux dire qu'en tant que conjoint de
victime, je ne pensais pas aller en thérapie aussi longtemps, mais
après plusieurs rencontres avec Mme Landry, nous nous sommes
rapprochés...
Je
réalise aujourd'hui que pour passer à travers... je me suis
accroché à mes enfants... mes deux filles qui ne méritent pas
de vivre la séparation de leurs parents. En plus des souvenirs
qu'elles devront traîner tout le long de leur vie et des séquelles
qu'elles devront affronter et confronter... Si je vais en
thérapie c'est pour pouvoir comprendre ce qui se passe dans la tête
d'une personne qui a vécu l'inceste. Car la vie des conjoints
aussi est mélangée... On peut penser au niveau sexuel dans le
couple, mais aussi beaucoup de chose dans la vie de tous les jours.
Je
veux aider ma conjointe à se retrouver pour que l'on puisse aider nos
deux filles qui méritent toute l'aide du monde possible. En
tant que conjoint, je dois payer la thérapie. Pour moi et ma
conjointe, les assurances ne couvrent pas les consultations avec Mme
Landry. Cependant, Mme Landry nous fait réaliser les choses
plus rapidement que ce que l'on a fait avec l'autre psychologue en «
thérapie passive ».
Elle nous fait prendre contact avec nous-même. Et quand je
pense qu'un jour, je devrai payer sûrement pour une thérapie pour
délivrer nos filles des séquelles que leur a fait subir leur
grand-père... quand je pense à cela, je peux dire que la
colère remonte à la surface et je comprends ceux qui tabassent
l'agresseur. Il me faut pas perdre de vue que si je le touche...
en quelque sorte, je n'aurai pas la chance que les agresseurs ont face
à la justice, et moi je vais aller en prison direct.
Condamnation
de l'agresseur incestueux
Pour
ce qui est de l'agresseur et de la condamnation... Après la cour
juridique, nous avons été appelés par le procureur de la
Couronne... tous ceux qui avaient porter plainte... pour savoir ce que
nous voulions comme sentence. Le procureur de la Couronne nous a
expliqué que les agresseurs d'inceste en prison ne sont pas mis avec
les autres car ils passeraient au «cash ».
Mais que maintenant, ils peuvent avoir une condamnation à un
emprisonnement à domicile (HOME-JAIL). Certains membres de la
famille ne voulaient pas cela trop longtemps pour leurs raisons.
Mais j'ai osé dire qu'il devrait avoir au moins 3 mois de
véritable emprisonnement. Une personne de la famille a dit
qu'il devrait avoir la prison, mais cette personne n'ayant pas porté
plainte, cette demande n'a pas été pris en considération.
Le procureur de la Couronne nous a dit aussi que si il trouvait que
nous demandions pas assez qu'il augmenterait la demande.
L'agresseur, a
été condamné à 3 mois de HOME -JAIL, plus 2 ans de probation
avec restriction.
Je
peux dire aujourd'hui qu'avant l'an 2000, je ne portais pas trop
attention aux sentences qu'avaient les agresseurs sexuels, mais depuis
ce temps-là quand je vois certains cas où les sentences sont plus
élevées... ont se rend bien compte que pris par les sentiments de
divulgation... les préoccupations de ce que vont vivre les enfants à l'école,
l'étiquette qu'elles vont avoir... nous n'avons pas demandé assez en
fait de sentence. Si c'était à refaire, je demanderais la
prison sans hésiter.
Je
réalise aujourd'hui que la justice... il en a autant qu'il y a
de causes... En tant que justice, il devrait avoir une justice
pré-établie, et on ne devrait pas demander aux victimes ce qu'elles
veulent comme sentence pour leur agresseurs. La justice devrait
condamner les «
agresseurs sexuels » d'après les actes commis. Car les
victimes doivent passer le reste de leur vie avec ces images à chaque
matin... Chaque instant de leur vie, elles devront à tout moment
quand elles ne s'en attendent même pas... elles devront vivre avec
les «
Flashs » de leurs agressions, et ce, même dans les moments les plus
intimes avec leur conjoint. Et si la justice pense seulement que
les victimes sont affectées et qu'avec 'une thérapie... elles vont
oublier... C'est faux. La thérapie peut les aider à mieux
accepter ce qu'elles ont vécu... à mieux gérer certaines
séquelles, mais lors d'une relation sexuelle avec leur conjoint, lui
aussi peut ressentir les effets néfastes que la conjointe a
vécus. Et ce n'est pas en faisant une seule thérapie que tout
va pour le mieux. Tout cela se reflète même sur les enfants
que l'on met au monde. On veut pourtant leur donner ce qu'il y a
de mieux, si on veut vraiment donner le meilleur à nos enfants.
La justice devrait commencer par avoir une loi et une condamnation.
Pour
moi les pédophiles devraient en plus de leur condamnation avoir 4
lettres tatouées dans le front (PEDO) pour que les petits enfants
puissent les reconnaître. Qu'ils soient eux aussi comme les autres
victimes... étiquetés pour la vie qu'ils leur reste...
qui est très souvent plus courte que celle des victimes... Tout le
monde a une vie à vivre et je ne crois pas que mon épouse et nos
filles méritent des souvenirs comme ceux-là. Mais nous devons vivre
avec... les comprendre... les surmonter... mais pas oublier... Ne pas
faire semblant car un jour la réalité est là... quoi que l'on
fasse... elle rattrape les victimes quand elles ne s'en attendent le
moins du monde.
Une
autre victime s'ajoute à la liste
Aujourd'hui,
4 ans plus tard, une autre victime s'est ajoutée... Après des
cauchemars et thérapie, elle a pris conscience qu'elle avait été
violée... par son grand-père, elle aussi... Ceux qui faisaient
semblant... on pu réviser leur façon d'être avec l'agresseur
incestueux, mais continus tout de même à le voir à certaines
occasions. Je considère que les petites victimes n'ont pas à
être en contact avec leur agresseur, même s'il y a avec elles,
d'autres adultes en présence de l'agresseur. Je trouve cela très
néfaste pour leur bien-être intérieur. En tant que
parents, nous devons protéger nos enfants... ne pas les mettre en
situation inconfortable. Car au début de l'An 2000, nous avons
revu leur agresseur à une ou deux reprises avec nos filles, j'ai
remarqué qu'elles n'étaient pas à l'aise... Je sentais une certaine
distance envers moi...
Rapport
d'IVAC
&
«
Flash
back »
du conjoint
Au
début de l'An 2001, mon épouse a trouvé une psychologue (celle
mentionnée précédemment). C'est elle qui a évalué nos deux
filles. Après un peu de temps, nous avons reçu un rapport de «
IVAC ». Quand j'ai lu le rapport, j'ai remarqué que la
psychologue avait diagnostiqué une «
tendance négative envers les hommes »
pour l'une de nos filles. Après plusieurs «
Flash back » (pas seulement les victimes qui en ont...), j'ai
réalisé que lorsque son grand-père la berçait... que
je ressentais une drôle d'impression et que je n'avais rien vu... il
s'était réellement passé quelque chose... et elle ne s'était pas
sentie protégée par son père.
Après
ces «
Flash back», un soir que mes deux filles étaient toutes les deux
seules au sous-sol, je leur ai dit que je voulais leur parler...
Alors, je leur ai demandé si elles tenaient à revoir leur
grand-père, elle ne m'ont répondu: « Pas plus que cela ».
Alors je leur ai dit: «
Moi, je ne veux plus le voir pour le moment, et que peut-être qu'un
jour, je vais lui dire directement.
» Je
leur ai dit aussi que j'avais le souvenir qu'une fois...
«
Je
remontais du sous-sol de chez vos grands-parents, et que j'ai
entendu votre grand-mère dire à votre grand-père: «
Non X » au moment où les marches de l'escalier «craquaient »
. Cela s'est produit à 2 reprises. Ce matin-là, quand je
remontais du sous-sol, je ne savais pas pourquoi... mais le 3ième
matin, j'ai fait une grande enjambée pour ne pas faire « craquer »
les marches car votre grand-mère cuisinait près du poêle.
J'ai monté sans faire de bruit... passé près du poêle... et
je suis allé directement au salon où se trouvais votre
grand-père qui berçait une petite fille (sans la nommer). J'ai vu
sa main cachée par la robe de la petite. Au même moment, j'ai
vu votre grand-mère qui est venue me rejoindre au coin de la
table comme pour faire diversion. Je me souviens que c'était vers le mois de juillet ou août, car la porte intérieure
était ouverte... Il y avait le moustiquaire de la porte extérieure
et que j'ai fixé dehors en me demandant ce que j'avais vu... car j'e
n'ai pas vu sa main bouger... Mais un gros point d'interrogation s'est
allumé dans ma tête.»
Excuses
à ses filles de ne pas avoir pu les protéger
Rapprochement
de celles-ci envers lui
C'est
alors que j'ai dit à mes deux filles que je m'excusais:
« Il y a peut-être des fois qu'il vous a fait des choses qui
n'étaient pas bien. Et j'étais là... mais je ne savais pas ce
qu'il faisait... Si vous pensez que je ne voulais pas vous
protéger... C'est faux. Je ne savais ce qu'il
faisait... Mais aujourd'hui, je veux seulement vous protéger...
Si vous voulez le revoir... vous le verrez que lorsque vous aurez 18
ans. Mais dites-vous bien qu'un pédophile n'est jamais guérit,
et qu'au moment où vous irez le voir ce sera vos affaires... Je ne
serez pas là pour vous protéger.»
Depuis
ce soir-là, mes filles se sont rapprochées de moi. Je
comprends maintenant que quand les enfants ne se sentent pas
protégés, ils ont tendance à s'éloigner de nous. Le seul
conseil que je peux donner, c'est si vos enfants ont été abusé et
que vous les trouvez distants... dites-leurs comment vous vous sentez
à l'intérieur... Osez leur dire les vraies choses, ils vont
faire le reste... Surtout donner leur le temps de comprendre...
Les enfants ont besoin de se sentir protéger par leurs parents.
Les parents aussi ont droit à des erreurs car il n'y a pas de
cours pour être parents.
Ne
pas minimiser les abus
Lors
de dénonciation, en premier lieu, surtout ne pas minimiser ce qui
s'est passé... Car du côté de l'agresseur, lui veut tout
minimiser... En tant que conjoint de victime, s'accrocher à
ceux qui nous sont chers, conjointe et enfants. Se dire que ce
que l'on voit n'est que la pointe de l'iceberg. Et lors
de la condamnation, ne pas avoir peur de demander plus car
après, il est trop tard pour demander plus. Il est trop tard
pour avoir des remords. Ne pas oublier que l'agresseur est très
souvent un manipulateur expert et un menteur. Si lui est comme
ça, certains membres de la famille le sont aussi, et en tant que
conjoint de victime, vous devez faire face à ceux-là aussi.
Vous vous sentirez seuls par moment. Car ceux-ci ne voudront pas
que tout cela s'ébruite... car ils vont être étiqueter à
l'inceste. Même en 2004, l'inceste reste toujours un « tabou ».
Protéger mes filles
Depuis
le dévoilement ou dénonciation de l'An 2000, je me suis fixé comme
but de protéger nos deux filles. Pour moi, ce n'est pas une
bonne chose de les remettre en contact avec leur agresseur. C'est
arrivé qu'elles revoient leur grand-père et j'ai trouvé qu'elles
étaient mal à l'aise... Je n'ai pas aimé ces situations. Lors
de la dénonciation, ne pas croire que la justice va tout régler. Car
si la victime décide de ne pas envoyer l'agresseur en prison, le
dévoilement est beaucoup plus difficile car les personnes près de
l'agresseur font tout pour que ça ne se sache pas. Et les
victimes doivent dans un certain sens continuer à être victime
pour ne pas décevoir ou même ont peur d'être rejetées par les
leurs. Elles sont toutes mélangées entre le bien et le mal.
Lors
de la dénonciation ou dévoilement, il faut arrêter de vouloir
sauver tout le monde et penser à soi et à ses enfants pour mieux les
protéger. Vivre pour soi, car l'on peut avoir rendu bien des
services autant de fois que possible dans le passé, en pensant que
les autres vont nous aider le jour où l'on aura des problèmes.
Désolé quand les problèmes surgissent... on se retrouvent
seul. Et tout le monde cherche à nous influencer du genre: «
Faites-vous quelque chose pour que ça revienne...» ou encore «
Vas-tu pardonner un jour?» Tout pour influencer notre décision
mais pour minimiser l'impact de divulgation afin que leur vie ne
change pas trop. Et qu'ils n'aient pas de compte à rendre à
leurs oncles et tantes ou leur amis pour ne pas avoir à dire que leur
père est pédophile.
Lors
de la dénonciation, les victimes doivent être prêtes car si vous
pensez que vos frères, soeurs, beaux-frères, belles-soeurs sont
sincères et francs, c'est à ce moment-là que vous le saurez...
N'hésitez pas pour la photo dans le journal car cela ne fait qu'un
temps... Oncles et tantes l'apprendront... Si vous ne le faites
pas...les victimes auront autant de temps travail à faire qu'il y a
de membres dans la famille. Et quand vous le direz... les oncles
et tantes seront être de votre côté, mais quand il vont rencontrer
le pédophile, ils peuvent devenir septique. le travail de le
dire et de maintenir... doublement difficile d'être victime. C'est
là qu'on voit que les pédophiles sont très manipulateurs... Plus
les gens parlent avec eux... plus les victimes sont encore plus
victimes, si elles ne sont pas prêtes à se battre pour la vérité.
Thérapie
pour le mieux-être de notre famille
Aujourd'hui
avec la thérapie, je réalise qu'un agresseur est aussi un voleur.
Car à chaque fois qu'il a agressé une victime, il lui a volé une
partie de sa vie et en même temps, a volé une partie de la vie de
son conjoint ou future conjoint. Et cela est très difficile à
accepter... Quand on voit que en 3 ans 1/2 de thérapie, on a
dépensé le même montant que 3 voyages dans le Sud.
Souvent la colère remonte à la surface... Mais il ne faut surtout
pas perdre de vue que tout cela est pour le mieux-être de notre
famille, car la famille est bien celle que l'on bâtie et non celle
d'où l'on vient...