Le 6 juin 2001
Bonjour Mme Landry,
Je vous écris, un peu pour avoir l'heure juste. Je suis survivante de
l'inceste. En juin 1999 j'ai fais une tentative de suicide suite aux
émotions et au flashs-backs trop intenses que j'avais.
Après ma tentative de suicide, j'ai été hospitalisé en psychiatrie, j'étais
à bout de souffle. J'ai cru qu'on m'apporterais de l'aide mais à ma grande
surprise, le psychiatre m'a dit qu'il ne voulait pas que je parle de
l'inceste alors que ce que je vivais depuis 1995 était lié à cela. Son
diagnostique était que je vivais une crise situationnelle et que j'avais
besoin de repos. J'ai passé 8 jours là bas et après ont m'a retourné chez
moi. Ça n'a rien réglé , j'étais encore au même point.
Alors je suis retournée voir le médecin qui m'avait fait hospitalisé pour
avoir de l'aide. Cela faisait déjà 5 mois que je souffrais d'insomnie et je
ne dormais pas plus que 3 à 4 heures par nuits. Lorsque mon médecin a vu que
le psychiatre n'avait rien fait, elle a décidé de me suivre. Alors elle m'a
prescrit des antidépresseurs, des somnifères et des calmant parce que je
vivais continuellement sous le stress, que je continu à avoir des tendances
suicidaires et que je m'automutile. Elle me suit régulièrement au 2 semaines
depuis 2 ans.
À travers ces 2 ans, nous avons essayer de joindre à la médication un suivi
psychologique. Ma première psychologue était en formation et ça n'a duré
que 4 mois, jusqu'à ce que je m'automutile et qu' elle me dise d'aller voir
ailleurs. Ailleurs, elle voulait que je quitte mon médecin et que je me face
suivre par un psychiatre ce qui était hors de questions.
Ensuite j'ai trouvé le groupe d'aide C.A.L.A.C.S. qui continu mon suivi
lorsque j'en sens de besoins. Je suis satisfaite du soutien que mon
intervenante m'apporte.
Sauf que mon médecin trouve que je ne me rétablis pas assez vite et m'a
trouvé une psychologue dans un C.L.S.C. Mettons que je n'avais pas vraiment
le choix. Sauf que ça clique pas avec. Peut-être parce que j'ai senti que
l'on me l'imposait. Je n'ai aucunes motivation, je suis à plat et je
me force d'y aller parce que j'avais des craintes que mon médecin me fasse
hospitaliser encore en psychiatrie.
C'est arrivé à plusieurs reprises depuis que mon médecin me suit, qu'elle me
dit que si il n'y a pas d'amélioration qu'elle me ferait hospitaliser. Ben
là, c'est fait, elle m'a annoncé que si dans 4 mois, elle ne voyait pas
d'amélioration qu'elle m'enverrait en psychiatrie en clinique externe. Il
n'en n'est pas questions, si ils n'ont pas sue m'écouter, je ne crois pas
qu'ils le feront plus maintenant et je risque de me faire bourrer de
pilules. Non, merci!
Suite à cela, j'ai décidé d'arrêter de voir mon médecin car le fait qu'elle
voudrait me faire hospitalisé en psychiatrie me met sous pression et je vis
dans la peur. Je trouve cette situation insoutenable et je me sens déprimé
encore plus. Ça m'aide pas.
Aujourd'hui, j'ai contacté mon intervenante à C.A.L.A.C.S. et elle m'a
donné une liste de femmes médecins qui sont sensibles aux besoins des
femmes, qui ne font pas de pression et qui ne menacent pas leur patiente
d'être envoyé en psychiatrie. Je dois appeler dans les prochains jours pour
avoir un rendez-vous.
Mais est-ce la meilleure aide que je peux avoir dans notre condition. Oui,
nous n'avons pas les moyens financiers pour se payer un spécialiste. Mon
mari est le seul à travailler et il n'a pas un gros salaire. Nous avons
aussi 4 enfants. Donc, les moyens financiers sont presque inexistant.
Ce qui me tracasse le plus aussi, c'est la médication.
Jusqu'où, elle peut m'aider. Depuis 2 ans, j'ai essayé plusieurs
antidépresseurs: Zoloft 100mg ;Effexor 225mg;Prozac 20mg; Celexa 40 mg et
maintenant je suis encore revenu à Effexor 225mg. Pour ce qui est des
calmants ou des somnifères c'est pareille: ativan,dulman,serax,xanax,rivotril,temazepam.
Ça c'est à part des médicaments pour mes maux de têtes: Norgesic et technal(avec codéine).Sans
oublier les vitamines pour le stress. Je ne sais plus quoi pensé face à tout
ces médicaments. Mon médecin dit que les médicaments ne font pas l'effet
qu'ils devraient faire parce que mon système est résistant. Moi je sais
plus?
Psychologue, Psychiatre,Psychanalyste, Psychothérapeute, médecins. Qu'est-ce
qui serait le meilleur pour moi?
Excusez-moi si j'ai commencé par parler de mon problème au lieu de me
présenter.
Je suis un enfant adopté. J'ai été agressé sexuellement par le 2ième mari de
ma mère que je considérais comme mon père. Il a commencé à m'agresser
j'avait 5 ans jusqu'à l'âge de 11 ans, puis il y eu récidive avec violence à
14 ans et de nouveau à 16 ans. J'ai aussi été agressé par le frère de mon
père à quelques reprises entre 13 et 16 ans. Enfin, la dernière et non la moindre. J'ai aussi
été agressé par la complice de mon père, ma mère adoptive... Depuis le plus
jeune que je puisse me rappeller, j'ai dû subir aussi les perverssions
sexuelles de celle-ci. Le voyeurisme qui alla jusqu'à me prendre nu en photo
jusqu'à l'âge d'environs 9 ans et l' exhibitionnisme qui cessa définitivement
lorsque j'ai rompu avec elle en 1999 à l'âge de 32 ans... Chez nous, mes parents
n'avaient aucune pudeur et n'ont jamais démontrer aucuns regret face à toute
cette perversité qui régnait à la maison... Le respect de notre intimité
n'existait pas!
Il y a eu fellation, masurbation, pénétration, caresses,cunilingus,
relations sexuelles avec pornographie, relation sexuelles avec des objets et
relations sexuelles avec armes à feu chargée.
Mon père était un homme très violents, il battait mes frères tandis que ma
soeur et moi étions agressés sexuellement. Ma mère n'était qu'à la maison
que pour dormir, elle préférait faire de l'argent et se payer du luxe. Elle
m'a avoué que lorsque j'ai eu 5 ans, elle avait choisit de ne pas sacrifier
sa vie pour ses enfants car cela n'en valait pas la peine. Ma soeur à l'âge
de 14 ans porta plainte contre mon père pour agression sexuelles et il fut
arrêter. Ma mère aussi porta plainte mais dans le doute, la retira aussitôt
et força ma soeur à écrire un démenti...suite à cela ma soeur fut retiré du
milieu familiale, mon père retourna à la maison et moi j'ai continuer à
vivre sous le même toi que mon agresseur. Et les agressions continuèrent.
Lorsque m'a soeur quitta la maison, c'est moi qui a pris la relève et
qui devait prendre soins de mes frères et les protéger de notre père. Ce fut
comme cela jusqu'à je quitte la maison à l'âge de 17 ans. Un ans plus tard
mon père se suicida.
Durant toute cette période, mon père me disait que si je le disais, il me BATTERAIT et que
JE FERAIS de la peine à ma mère, qu'elle serait choquée, en colère après
MOI... Que ce serait un secret entre lui et moi.
J'ai réussi à vivre avec ce secret jusqu'en 1995, période où nous avons dû
quitter le mouvement religieux dans lequel nous étions depuis 10 ans (secte). À partir de
ce moment là, tout a basculé. J'ai commencé à avoir des flashs-backs de mes
agressions, à faire de l'insomnie, à faire des crises de paniques, à être
sous tensions, j'ai commencé à avoir des idées suicidaires, à avoir des
migraines,à être déprimé et aussi épuisé physiquement et c'est comme ça
depuis... Ça fait maintenant presque 7 ans que je vis comme ça et j'en ai
marre et je vois que plus que le temps passe, plus que mes idées suicidaires
son fortes et moins que j'ai peur.
Merci !
Chantal