Bonjour Blanche,
Comme vous j'ai subi l'inceste pendant 8 années
de ma vie de petite fille à adolescente - le calvaire - toujours obligé de
mentir - de vivre dans la honte - le cauchemar - la peur - l'angoisse- les
pleurs - on essaie d'en parler, c'est la catastrophe, alors on se tait, pour
protéger sa famille, le reste....on a la haine, la rage contre la
société... puis
pour ne plus avoir mal, ne plus souffrir, la fuite avec un garçon ....un
mariage, des enfants, on oublie, on enferme au plus profond de nous même ce
qu'on ne veut plus voir - le mari n'en sait rien - alors bien sur, il ne
comprend pas pourquoi on ne le laisse pas poser ses mains sur notre corps,
difficile, douloureux - on feint, des flashs passent dans la tête, on revoit
des images qu'on avait enfouie .......la vie passe, les enfants
grandissent.....puis un jour tout nous éclate à la figure, comme un volcan
qui veut cracher sa lave, la croute si solidement scellée craque et là, le
torrent de boue dévale, les larmes coulent, on se confie ! mais pas à
n'importe qui ! un prêtre, oui au moins il est tenu au secret - on a peur -
Comme cela fait du bien d'en parler, ce qu'on avait gardé enfoui pendant 35
longues années au fond de nous.
Les enfants quittent la maison et on se retrouve
avec cet homme avec qui on a fuit......alors se pose les questions ! où est
la passion amoureuse, on ne connait pas le plaisir, on pense au prince
charmant - on a du mal avec son corps qui saigne encore - on rejette son
image - et le combat continu, les images sortent de plus en plus nous inondant
de vérité cruelle - le temps passe - puis alors qu'on est passé par toute
sorte de sentiments (la haine amenant l'envie de tuer ce père - le dégout
de soi - la honte....) voilà qu'au fil du temps qui passe le pardon est donné
dans le coeur envers celui qui nous a fait mal ! mais dans le coeur, c'est pas
suffisant alors une chose incroyable arriva - une force surnaturelle vint
m'habiter pour m'emmener vers ce père lui prendre la main et lui dire que je
lui pardonnais - il a pleuré et m'a dit merci ! là enfin j'ai pu le regarder
en face et lui dire que je l'aimais. Mais malgré ce pardon, mon corps souffre
toujours - je suis en France - dommage que je ne puisse vous rencontrer !