La tourmente fouette la campagne,
Les chemins se noient sous une épaisse chute de neige,
Des cristaux de givre voilent chaque œil de la maison,
Le feu crépite dans la cheminée,
Attente ; attente inquiète,
La femme est sur le point d’enfanter.
Le mari guette ; guette un signe d’espérance,
Une faible lueur perce le rideau opaque,
On devine, au loin, dans cette neige dense,
L’arrivée du médecin aux mains blanches.
Affrontant vents et congères,
Il conduit sa chenillette prudemment.
Soulagement !
Il sera présent pour la première respiration de l’enfant.
Une petite fille est née.
Délicate et fragile, ses jours sont comptés.
Le printemps sera court.
Sous les apparences d’un troubadour,
Un voleur s’est approché,
Un mauvais sort vient d’être jeté,
Il impose à l’enfant,
D’oublier le temps,
D’étouffer émotions et sentiments.
Tant de saisons se sont écoulées,
L’enfant, paralysé dans un corps d’adulte,
Aujourd’hui cherche une lueur d’espoir.
Déambulant sur un chemin couvert de broussailles,
Elle veut en finir avec toute cette grisaille.
L’enfant étouffe dans ses vêtements trop grands.
Chemin faisant, elle croise un oiseau aux plumes d’or,
Il chante un vent de liberté,
Eveil ; éveil ; éveil.
Saura-t-elle reconnaître le médecin aux mains blanches,
Qui peut guérir les blessures de son âme,
Pour enfin vivre en toute tranquillité,
Et matin levant, respirer les premiers rayons du soleil,
Tout en regardant fleurir les plus beaux trésors
Que la terre puisse offrir !