Blanche Landry

  Psychothérapeute, Conférencière, Formatrice, Auteure

« Il est possible de guérir notre enfant intérieur blessé.»

http://www3.sympatico.ca/blanchelandry/

 

ABUS SEXUELS ET INCESTE

Brisons le silence!

 

L'injustice de la justice

Manifestation pour la Journée d'actions des Femmes

 

La mince proportion des agressions sexuelles dénoncées et se retrouvant devant les tribunaux sont-elles prises avec suffisamment de sérieux?  Non, répond le Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles de l'Outaouais (CALAS).  

C'est devant l'édifice Jos Montferrant que s'étaient donné rendez-vous plus d'une cinquantaine de femmes (et quelques hommes) afin de faire connaître leur mécontentement face au système judiciaire canadien.  Dans le cadre de la Journée d'action contre la violence faite aux femmes, qui a lieu  le troisième vendredi du mois de septembre à l'échelle de l'Amérique du Nord, le CALAS-Outaouais avait choisi de s'attaquer au traitement réservé par les policiers, les procureurs et les juges envers les femmes ayant été victimes d'agressions sexuelles.

Selon une des organisatrices de la manifestation, Joëlle Trahan, beaucoup de choses sont à revoir à ce chapitre« Lorsque les événements datent de 15, 20, 30 ans, les femmes agressées ne se souviennent pas de tous les détails, mentionne l'intervenante, alors que les avocats insistent beaucoup sur ces petites informations. » À ses dires, il s'agit là de tactiques communes pour miner la crédibilité des témoins.

« La majorité des femmes sont ridiculisées » souligne Mme Trahan.  « Et puis si vous êtes une femme avec des problèmes mentaux, ne pensez même pas à votre crédibilité! » s'exclame  Michelle Léveillé.  « Cela démontre le peu de respect envers la victime, ce n'est vraiment pas évident pour une femme dans ce processus-là », mentionne-t-elle.

La notion de non-consentement est également un autre grain de sable dans l'engrenage de l'appareil juridique.  Selon Mme Trahan, « le fait de seulement dire « non  »  n'est parfois pas suffisant pour convaincre les juges;  il faudrait  que toutes les femmes se débattent, tentent de fuir, mais ce n'est pas tout le temps le cas ». Elles donnent également l'exemple de certains policiers qui attaquent verbalement des victimes lorsque celles-ci font leur déposition.

Les revendications de CALAS étaient entre autres de pouvoir aider les femmes dans le processus judiciaire, un droit qui est parfois refusé par les procureurs, selon des représentantes de l'organisme.  Joëlle Trahan souhaite également pouvoir s'asseoir avec le procureur afin de le « replacer du point de vue de la victime ».

La manifestation tenue à Gatineau n'est pas une revendication unique, un document ayant été envoyé au gouvernement du Québec afin que les règles soient appliquées.  L'organisatrice croit qu'il existe à l'heure actuelle « une différence entre l'écrit et la pratique ».

Réhabilitation

Le sceptissisme se fait sentir dans l'opinion que fait valoir Michelle Léveillé  lorsque le sujet de la réhabilitation des agresseurs sexuels est abordé. « Il faudrait vérifier s'il y a réellement des programmes qui fonctionnent à cet effet », avance-t-elle: l'intervenante croit que plusieurs facteurs viennent entacher les efforts faits en ce sens.  Mme Léveillé souligne entre autres que des sentences avec sursis sont un problème important, puisqu'elles donnent au public une image peu répréhensible du viol. «  On condamne un voleur à des peines de plus de deux ans, alors qu'un violeur peut s'en tirer avec moins.  La société donne l'impression que de voler est plus grave que violer », souligne Christian Quesnel, un des rares hommes présents.  Il ajoute que l'attitude actuelle du système judiciaire place la victime sur le banc des accusés, face aux agresseurs sexuels, ce qui est, à son avis un problème majeur.

Mme Trahan renchérit que le taux de récidive pour les agresseurs sexuels est plus élevé parmi les criminels, ce qui envoie un message « qu'ils n'est pas grave d'être un violeur »

Certains facteurs viennent jouer en défaveur de la cause soutenue comme la proportion que prennent les affaires de fausses agressions sexuelles. «  Il s'agit souvent d'histoires gonfflées par les médias mentionne à cet effet Joëlle Trahan, alors que les cas ne représentent généralement qu'un ou deux pour cent des affaires qui se retrouvent devant les tribunaux ». 

 

STATISTIQUES

  • 13 % des agresseurs déclarés coupables d'agression sexuelle sur un enfant et 30% des agresseurs sexuelles déclarés coupables sont condamnés à deux ans et plus de prison.
  •  

  • 53% des individus coupables de vol reçoivent une sentence de deux ans et plus de prison.


  • Environ 87 000 Québécoises de 15 ans et plus,  seraient victimes d'agression  sexuelle chaque année.


  • Une femme sur sept aurait été violée par son conjoint.


  • Les agresseurs sont connus par la victime dans 85% des cas.  (Chiffres fournie par CALAS)

Réf.: Extrait d'un article tiré dans Le journal Francophone de l'Université  d'Ottawa depuis 1932, le 22 septembre 2003. Signé: David Savoie.

 

Blanche Landry
Bur.: (450) 965-8297
contact@blanchelandry.com
http://www.blanchelandry.com/

  © 2001- 2004  Blanche Landry. Tous droits réservés.