Blanche Landry

  Psychothérapeute, Conférencière, Formatrice, Auteure

« Il est possible de guérir notre enfant intérieur blessé.»

http://www.blanchelandry.com/

 

 

ABUS SEXUELS ET INCESTE

 

Brisons le silence!

Procédures judiciaires

 

 

 

Selon l'article 155 du code criminel du Canada, L'INCESTE est criminel.

 

Article 155.

(1) Commet un inceste quiconque, sachant qu'une autre personne est, par les liens du sang, son père ou sa mère, son enfant, son frère, sa soeur, son grand-père, sa grand-mère, son petit-fils ou sa petite-fille, selon le cas, a des rapports sexuels avec cette personne.

Peine

(2) Quiconque commet un inceste est coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de quatorze ans.

Contrainte

(3) Nul ne doit être déclaré coupable d'une infraction au présent article si, au moment où les rapports sexuels ont eu lieu, il a agi par contrainte, violence ou crainte émanant de la personne avec qui il a eu ces rapports sexuels.

Définition de «frère» et «soeur»

(4) Au présent article, «frère» et «soeur» s'entendent notamment d'un demi-frère et d'une demi-soeur.

Source: Institut canadien d'information juridique

 

 

L'INCESTE est une agression sexuelle

Comment la loi définit-elle l'agression sexuelle?

Avant tout, « agression » signifie usage intentionnel de la force envers une personne, contre sa volonté.  Par exemple, toucher une personne, la gifler, lui donner des coups ou encore la pousser constituent une agression.  Menacer de faire usage de violence est aussi une agression.  C'est ainsi que si quelqu'un menace de vous battre, il y a agression même si la menace n'est pas mise en exécution.

Si une personne tente ou menace de vous agresser mais se trouve empêchée de passer à l'acte, elle pourra se voir accuser de tentative d'agression, ou bien de tentative d'agression sexuelle.

Dans la mesure où vous s'y consentez pas, un baiser, des caresses, la pénétration, la sodomie, ou l'attouchement des parties sexuelles avec la bouche constituent des agressions sexuelles.

Une personne peut être accusée d'agression sexuelle si:

Une personne peut être accusée d'agression sexuelle armée, de menaces à une tierce personne ou d'avoir causé des lésions corporelles, si:

Une personne peut être accusé d'agression sexuelle grave relativement à l'agression sexuelle commise contre vous dans les cas où:

Selon ce qui s'est passé, il est possible  de porter une accusation contre votre agresseur.  Par exemple, si l'on s'est saisi de vous dans un ascenseur, que l'on vous a amenée dans un appartement, puis que l'on vous a forcée à avoir des rapports sexuels, l'agresseur pourra être accusé non seulement d'agression sexuelle mais aussi d'enlèvement.

 

Nombreuses sont les victimes d'inceste à ne pas avoir dénoncé leur agresseur.  Elles n’osent pas parler publiquement des violences qu’elles ont subies. (Ici nous pouvons parler des femmes aussi bien que des hommes.  Il y a beaucoup plus d'hommes qu'on ne le croit qui ont ces même sévices sexuels.) Chacun-e craigne d’être pointé du doigt, de briser leur famille, d’être jugées, revictimisées ou d'être discréditées dans leur profession.  Les preuves ne sont pas toujours évidentes à formuler, les agressions sont souvent commises sous la menace et derrière de secrète portes. Et que dire du système judiciaire canadien.  Les procédures judiciaires sont influencées et basées sur les principes de notre droit criminels.  Ces principes, doublés de préjugés sociaux envers les femmes, font en sorte que le système judiciaire est souvent très pénibles pour les femmes qui se font agressées. Lire à ce sujet: Quand la justice n’a rien à voir avec la quête de vérité!

Mais malgré tout...

 

 

OSONS RETROUVER LA PAROLE PERDUE

 

Lorsque nous décidons de RETROUVER LA PAROLE PERDUE... et de DÉNONCER... Nous parvenons ainsi, non seulement à remettre la responsabilité des gestes abusifs à l'agresseur,  mais nous nous permettons de libérer et intégrer les charges émotives, corporelles liées à de tels abus, et de ce fait, GUÉRIR EN PROFONDEUR. Nous choisissons de VIVRE enfin pour SOI et reprenons, pas à pas, la Maîtrise de NOTRE VIE. Nous prenons notre place dans le monde.

 

 

Pour ceux et celles, qui ont été agressés-es sexuellement , qui veulent sortir de l'ombre, retrouver leur parole perdue  et dénoncer légalement leur agresseur ou leur abuseur, voici  un guide à cet effet.  J'espère qu'il saura vous aider... Même si nous savons que la loi a des lacunes en matières d'agression sexuelle l'égard des femmes et des enfants, nous ne devons pas rester enfermer dans le mur du silence.  Nous devons par nos actions faire bouger les choses pour que les lois puissent changer. Agresser sexuellement, c’est intolérable : le système de justice canadien doit cesser de banaliser la violence sexuelle, dont l'INCESTE. 

 

 

 

Procédures judiciaires  

Quelques concepts de base

 

Les procédures judiciaires sont influencées et basées sur les principes de notre droit criminel.  Ces principes, doublés de préjugés sociaux envers les femmes, font en sorte que le système judiciaire est souvent très pénible pour les femmes qui se font agressées.

Présomption d'innocence:  toute personne est innocente jusqu'à preuve du contraire.

Preuve hors de tout doute raisonnable:  personne ne peut être déclaré coupable s'il subsiste un doute raisonnable concernant sa culpabilité.

Le délit est un crime contre l'État (la Reine):  la plaignante est un témoin du crime et l'État se charge de poursuivre l'accusé en la personne du Procureur de la Couronne, la plaignante ne peut choisir son avocat.

Le droit à une défense pleine et entière:  l'accusé a le choix de son avocat.  S'il est à faible revenu, un avocat de l'Aide juridique le défendra.  L'avocat de la défense peut contre-interroger la plaingnante.

 

Déroulement d'une plainte:

  • la plaignante remplie une déposition ou rencontre un policier qui complète le formulaire pour elle.  Plusieurs informations sont nécessaires et doivent être les plus précises possibles.  La femme devrait garder une copie de sa déposition.
  •  

  • la plaignante rencontre ensuite un enquêteur qui sera en charge de son dossier.  L'enquêteur peut demander à la femme de faire une déclaration sur vidéo ou par écrit alors qu'il lui pose des questions pour clarifier la première déclaration.
  •  

  • l'enquêteur décide ensuite de la recevabilité de la plainte.  Il se base sur des critères qui peuvent être très subjectifs:  


  • - perception de la plaignante et de l'agression
    - éléments de preuves disponibles
    - attitude de la plaignante à aller jusqu'au bout et ses motivations

  • Si la plainte est acceptée, une enquête s'en suivra.  L'enquêteur décide du chef d'accusation.  Il y aura d'autres rencontres avec l'enquêteur.  Si l'agresseur est identifié et arrêté, le dossier est transféré au Procureur de la Couronne.
  •  

  • Le Procureur de la Couronne a la tâche de déterminer s'il y aura poursuite des procédures  ou non.  À la lecture du dossier policier et quelques fois avec une rencontre de la plaignante, il décidera s'il y a assez d'éléments pour poursuivre le présumé accusé.  Encore une fois plusieurs critères subjectifs peuvent influencer sa décision. 
  •  

  • Si le Procureur de la Couronne décide de continuer les procédures, les suites vont se  passer à la cour.  
  •  

    Toutes les procédures à la Cour sont publiques.  Il faut obtenir une ordonnance de non publication ou un huis clos pour qu'il n'y ait aucun public ou journaliste dans la salle lors de l'enquête préliminaire et au procès.  La femme doit faire cette demande au Procureur de la Couronne qui va la transmettre au juge.  Dans les cas de mineurs les juges accordent généralement le huis clos alors que pour les adultes ce n'est pas le cas.

  • Comparution:  rapidement après l'arrestation, première fois où l'accusé se présente devant le juge pour signifier s'il plaide coupable ou non aux accusations.  S'il plaide coupable, il y aura un rapport pré-sentenciel et ultérieurement une sentence.  S'il plaide non coupable...


  • Enquête préliminaire:  a pour but de vérifier s'il y a des preuves suffisantes pour l'accusation ainsi que de permettre aux avocats de connaître les détails de l'affaire.  Les témoins autres que la victime ne sont pas appelés.  Dans la salle se retrouve les avocats, les policiers et la plaignante.  Si le juge estime qu'il existe suffisamment d'éléments de preuve, il ordonnera un procès.  Sinon, l'accusé est relâché.  Il se peut qu'il n'y ait pas d'enquête préliminaire si les avocats décident de passer directement au procès.

  •  

  • Entre l'enquête préliminaire et le procès, il y a négociation entre les avocats afin d'arriver à une entente.  Les deux avocats présentent leur preuve sommairement et évaluent leur chance de gagner le procès.  C'est à cette étape que les accusés peuvent décider de plaider coupable.
  •  

  • Le procès:  jusqu'à 2 ans après la comparution à moins que l'accusé soit détenu.  La plaignante sevras raconter l'agression en détail et sera contre-interrogées.  Les témoins de la Couronne et de la défense seront appelés à témoigner (médecins, policiers, intervenantes, voisin, famille, etc.)  L'accusé n'est tenu à aucun moment de témoigner.  Il peut décider de ne pas dire sa version des faits.
  •  

  • Déroulement du procès: 


  • - lecture de l'acte d'accusation
    - choix du jury (s'il y a lieu)
    - la Couronne présente la preuve
    - l'accusé présente sa défense
    - la Couronne fait une contre-preuve s'il y a de nouveaux éléments
    - plaidoirie de chacune des parties (résumé des preuves)
    - le juge ou le jury se retire pour délibérer
    - le verdict peut être:
            - coupable
            - non coupable de l'accusation portée mais coupable d'une infraction moindre
            - acquittement
    - si l'accusé est trouvé coupable, le juge rendra sa sentence

    Il est possible d'aller en appel pour une question de droit ou une question de sentence.

    Note: de la déposition à la sentence plusieurs mois ou années peuvent s'écouler.

     

     

     

    _________________________________________
    CALAS de l'Outaouais, Procédures judiciaires (1998), p.2

 

Schéma des étapes judiciaires

 

1.
PLAINTE À LA POLICE
2.
ENQUÊTE POLICIÈRE
3.
DOSSIER REMIS AU PROCUREUR DE LA COURONNE
4.
DÉCISION DU PROCUREUR DE LA COURONNE
a)     Aucune accusation portée b)           Mise en accusation
5.
COMPARUTION:  PLAIDOYER  DE L'ACCUSÉ
a)              Culpabilité b)            Non-culpabilité
6.
ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE
a)        Libération de l'accusé b)             Citation à procès
7.
PROCÈS
a)  Changement de plaidoyer b)        Preuves et Plaidoiries
8.
VERDICT
a)               Acquittement b)                  Culpabilité
9.
SENTENCE
?
AMENDE

?

SURSIS DE SENTENCE
?
EMPRISONNEMENT
?
PROBATION
?
LIBÉRATION CONDITIONNELLE

Sincères remerciements à Francine Poirier de m'avoir remis ces informations.
Intervenante psychosociale au CALAS de l'Outaouais

    

Autres liens qui peuvent vous être utiles:

Les recours criminels dans les cas d'abus sexuels dans l'enfance

Educaloi; le carrefour d'accès au droit

Liste de polices canadiennes

Liste de polices municipales du Québec

 


Blanche Landry

Approche Psycho-Corporelle-Spirituelle (APCS)
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